Encore debout jusqu’au bout du dernier rayon de lumière
Un dernier trou dans les nuages juste avant l’ultime nuit
L’instant maudit où s’éteignent les étoiles
Et le soleil s’évanouit
Par dessus les flots de larmes
Par-delà tous les cris
Il existe une autre loi que celle des hommes au regard gris
Je me surprends à rêver, à décoller du sol
Ignorant les signaux, les appels qui m’ordonnent de redescendre,
Sans pilote et sans manuel
Je finirais en cendres
Peut m’importe, alors, de m’écraser
Pourvu que je m’envole
Tant que dans l’obscurité subsiste
Encore une dernière étincelle
Fermement se tenir au serment
De lui rester fidèle
Qu’elle me guide vers le meilleur
Et toujours qu’elle m’illumine
Qu’elle éclaire à nouveau mon âme déjà rongée par la vermine
Demande l’autorisation de ne plus atterrir
A quoi bon ?
Si le nectar qui me délecte me fait l’effet d’un poison
Je me surprends à rêver, à décoller du sol
Ignorant les signaux, les appels qui m’ordonnent de redescendre
Sans pilote et sans manuel
Je finirais en cendres
Peut m’importe, alors, de m’écraser
Pourvu que je m’envole
Briser à jamais les chaînes qui vers le fond m’entraînent
Ne plus me laisser noyer par le noir broyé
Déployer le courage, ne plus vivre à moitié
Remonter les raz-de-marée qui poussent à renoncer
Toujours avancer, toujours avancer, Avancer
Déserteur de l’armée des victimes
M’évader du tourment
Ici-bas, même le chasseur déprime
Voyez, vous en m’aurez pas vivant
Insoumis à la gravité
Réfractaire à ces vérités
De paradis qui s’enfuit
Et d’enfer mérité
Je me surprends à rêver, à décoller du sol
Ignorant les signaux, les appels qui m’ordonnent de redescendre
Sans pilote et sans manuel
Je finirais en cendres
Peut m’importe, alors, de m’écraser
Pourvu que je m’envole


